Synopsis : Au début des années 50, Los Angeles cache derrière son image de rêve un monde trouble où règnent le crime organisé, la violence policière, la corruption et les trafics en tous genres. Dans cette atmosphère nocturne et glauque, trois flics aux personnalités et aux méthodes différentes s'associent, bon gré mal gré, pour une périlleuse enquête aux rebondissements dramatiques...
En adaptant le crépusculaire roman de James Elroy au cinéma, Curtis Hanson a fait de L.A. Confidential un des meilleurs films noirs des années 1990. Situé dans les fifties, le film évoque un Los Angeles qui n'a rien à envier à celui de Chinatown de Polanski sur le plan de la corruption et du vice. Mais le trouble de L.A. Confidential provient essentiellement de la figure du masque omniprésente. En effet, chaque personnage est moulé dans un comportement archétypal que l'enquête va pousser à briser (Bud la brute s'avère être un fin limier, Ed se révèle plus intègre qu'ambitieux, etc.) Le principe est poussé jusqu'à cette agence de call-girls Fleur-de-Lys qui fournit ses clients en filles relookées en stars. Cette réflexion sur les troubles de l'identité est ainsi couplée à un superbe polar sans concession façon whodunnit. Une réussite incontestable portée par un formidable casting.
Le légendaire acteur américain Richard Widmark, le psychopathe du "Carrefour de la mort", s'est éteint ce mercredi 26 mars à New York. Il était âgé de 93 ans.
Le légendaire acteur américain Richard Widmark, qui avait connu le succès très rapidement avec son incarnation du psychopathe de Carrefour de la mort, s'est éteint ce mercredi 26 mars à son domicile de Roxbury, dans le Connecticut, des suites d'une longue maladie. Ce grand méchant du cinéma, vedette d'Alamo, des Cheyennes et des Forbans de la nuit, était âgé de 93 ans.
L'éclosion d'une star du film noir
Après des études brillantes au Lake Forest College dans l'Illinois où il étudie puis enseigne les arts dramatiques, Richard Widmark suit un ami à New York pour passer l'audition d'un soap opera radiophonique, Les histoires vrais de la tante Jenny. Le succès est au rendez-vous et il fait ses débuts à Broadway en 1943 dans la pièce Kiss and tell. Ses débuts au cinéma ne passent pas inaperçu. En effet, dans le film de gangsters Le Carrefour de la mort, il interprète le méchant Tommy Udo, qui devient vite une figure mythique du septième art. Il obtient pour ce rôle une nomination à l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle (et remporte le Golden Globe) et signe un accord de sept ans avec la Twentieth Century Fox. Richard Widmark est alors cantonné quelques temps dans les rôles de méchants notamment dans La Femme aux cigarettes ou La Porte s'ouvre.
Entre polars et westerns
Toutefois, Richard Widmark parvient à jouer les héros dans Les Marins de l'Orgueilleux et le terrifiant Panique dans la rue d'Elia Kazan. Dans les années 50, il enchaîne les films dans des genres très ecclectiques : le film de guerre avec Okinawa ou la comédie romantique avec Père malgré lui mais surtout le western où il s'illustre particulièrement sous la direction de John Ford dans Les Deux Cavaliers ou Les Cheyennes et dans Alamo aux côtés de John Wayne.
Lancaster, Siegel, Tracy...
Après s'être lancé dans la production à la fin des années 50 avec La Chute des héros ou Le Dernier passage, Richard Widmark apparaît dans une quinzaine de films dans les années 60 dont Jugement à Nuremberg avec Spencer Tracy, Marlene Dietrich et Burt Lancaster et le polar de Don Siegel, Police sur la ville, qu'il interprètera quatre ans plus tard à la télé. Au cours des années 70, 80 et 90, Richard Widmark se fait de plus en plus rare malgré des interprètations marquantes dans La Théorie des dominos avec Gene Hackman ou Morts Suspectes avec Michael Douglas.
Si je peux voir et revoir un film avec toujours autant de plaisir, c'est bien celui-ci. Avec toujours ce même plaisir à lire et relire les préceptes du Hagakure, code d'honneur des samouraîs du Japon médiéval. Un synopsis ? Dans l'état du New Jersey, un tueur à gage noir vit selon les preceptes du Hagakure. Il vit seul, tres simplement, nourrit ses pigeons et emplit ses actions de références aux codes des samouraïs. Il se fait appeler "Ghost Dog". Son "Maitre" qu'il considère comme son sauveur à la suite d'un incident survenu huit ans auparavant, fait partie de la mafia italienne locale (à voir : la dégaine de la mafia!!!). Quand la fille du "Parrain" assiste à l'exécution d'un contrat, sa vie ne tient plus qu'à un fil... Fidèle au code des samouraïs, il se doit de servir son maître, qui l'a sans doute sauvé quelques années auparavant. Mais ces souvenirs sont-ils réels ? N'est-ce pas plutôt un fil, auquel s'accroche ce fantôme comme à une unique raison de vivre, pour rester parmi les vivants ? L'ambiguïté ne sera pas levée dans le film. Influencé par Le Samouraï (1967, Jean-Pierre Melville), Ghost Dog fait largement référence à d'autres films de genre, western, film noir, comédie. Mais, incontestablement, Jim Jarmush rend hommage Melville : le code des samouraï, qui faisait l'ouverture du film de Melville vient à présent ponctuer et rythmer les danses mortelles de l'imposant tueur à gage noir. Alors que Forrest Whitaker nourrit des pigeons sur le toit de son immeuble, Alain Delon partageait la vie d'un canari... Seuls amis des solitaires tueurs à gage, les oiseaux les accompagnent, aussi légers que sont lourdes leurs âmes. Autres références : les deux films s'ouvrent sur des scènes de vol de voitures de luxe. Seule une évolution technologique est notable : au trousseau de clefs nécessaire pour tirer une DS citroën répond un scanner électronique à présent indispensable pour s'accaparer Mercedes et Lexus. Changement des plaques minéralogiques, port de gants blancs, solitude murée des deux tueurs... Mêmes les oiseaux conservent leur rôle : tels les oies du capitole, ils avertissent leurs maîtres de l'intrusion de l'ennemi. Décalés dans la noirceur environnante, des toons apparaisent à l'écran avant les scènes de fusillade... Tex Avery et l'humour jouent alors un rôle de moderato par des ruptures de ton et un décalage permanent. Et que dire d'un rouge gorge qui aveugle le tueur en masquant la lunette de son fusil ? Comment raconter l'execution sommaire via la colonne d'évacuation des eaux d'un mafieux qui se pommade les hémoroides et danse le rap ? Le thème des cultures en voie d'extinction revient souvent, notamment avec la scène de l'ours où de la femme flic. Ghost Dog lui-même vient d'une autre époque, celle du Japon médiéval, des codes d'honneur et des enseignements sacrés. Enfin bon, à chaque visionnage, je découvre de nouvelles choses sur ce film, le meilleur de J.Jarmusch à mon sens. Il y a tellement à en dire, que je ne peux m'empècher d'y aller de deux preceptes :
Sur l'enseignement : "Les questions importantes doivent être traitées légèrement. Celles sans importance doivent etre traitées sérieusement"
Sur le Maitre et le Vassal : "Si on devait définir en un mot la condition du samourai, sa base tient dans une dévotion sérieuse, corps et ames à son maitre. Ne pas oublier son maitre est la chose fondamentale pour un vassal"
1936,New York Lucas Torelli alias Torpedo, sicilien de son état, loue sa gâchette à qui veut éliminer un rival, une femme gênante ou un voisin trop curieux. La pitié est un mot inconnu pour lui, seul l'argent peut adoucir ses mœurs, quand il coule en abondance. L'époque est propice à son petit commerce et ce ne sont pas les quelques séjours en taule qui pourront altérer son désir de flinguer à tout va. A défaut de ne pouvoir être son ami, car il n'en a plus, priez pour ne pas être son ennemi ! Folle idée que de regrouper quinze albums et 678 pages en une seule intégrale ! Et pourtant Vents d'Ouest a réalisé le pari de réunir les soixante et un épisodes de la longue carrière d'un tueur à gages qui n'hésite pas à trucider père et mère pour une poignée de dollars. Le cynisme, la cruauté et la vulgarité sont souvent à la limite de l'acceptable mais un tueur cet accabit serait-il crédible avec ne serait-ce qu'une once de charité et de bonnes manières ? L'humour, noir, ajoute une touche de légèreté pour faciliter la lecture, le tout n'étant absolument pas indigeste sur la longueur. Les femmes, souvent dénudées concourent également à la lisibilité! Les contrats se succèdent à une vitesse grand V, entrecoupés ça et là par des souvenirs de jeunesse tout aussi cruels : la vie du petit Lucas pouvait-elle être autre chose que ce qu'elle est devenue ? Rascal, le faire-valoir, est là pour adoucir l'existence et passer les nerfs de Torpedo. Le Yin et le Yang à la mode sicilienne ce duo !! Jordi Bernet succède à Alex Toth au cours du premier album, pour mettre en image les scénarii d'Enrique Abuli. Le N&B est de circonstance, la couleur n'égaierait que trop le New York de ces années-là ... L'ambiance doit rester noire comme l'âme de Lucas Torrelli, né innocent et qui ne mourra qu'en rêve sur la chaise électrique. T.Pinet
Surnommé « Bogey » ou « Bogie » par son public, il demeure aujourd’hui l'un des mythes les plus incontestables de l’histoire du cinéma. En 1951, il fut lauréat de l’oscar du meilleur acteur pour son rôle dans L'Odyssée de l'African Queen. En 1999, il a été classé Greatest Male Star of All Time (littéralement Plus grande star masculine de tous les temps) par le American Film Institute. Et Casablanca, dans lequel il joue le rôle principal, est régulièrement cité parmi les cinq meilleurs films de l'histoire du cinéma.
Humphrey Bogart incarne certainement l'un des mythes les plus durables qu'ait engendrés le cinéma en ce sens qu'à sa mort en 1957, tout le monde eut le sentiment réel de perdre un ami intime, des plus irremplacables. « Bogie » comme l'appela toute une génération, était ce vétéran solide (13 ans de Broadway, 22 ans d'Hollywood) dont le physique fripé, hâve et caverneux, le sourire de carnassier, plaisait aux jeunes filles, et dont le franc-parler terrifiait toute l'industrie du film. « Après huit verres de whisky, je suis en pleine possession de mes facultés » avouait-il. « Ce que je pense des sports ? Il m'est arrivé de jouer au football chez John Huston, avec un pamplemousse. Il était deux heures du matin et nous étions fins saouls ». Outre que ses positions morales, courageuses et insolentes faisaient de lui la conscience d'Hollywood. Il incarna avec Lauren Bacall le couple le plus exemplaire et le plus magnifique que le cinéma ait créé sans pouvoir le détruire par la suite.
L'image de Bogart reste mythique. Elle est liée à son allure, étroitement sanglé dans son imperméable, ses orbites sombres creusant, sous le feutre mou du détective privé, son visage plus ou moins plissé, son rictus de dérision perpétuelle et son geste machinal pour se tirer le lobe de l'oreille, cette image désormais règne au delà de l'existence de son propre créateur. Sa brusquerie, son insolence bougonnante cachaient un cœur et une vraie philosophie. Depuis sa mort, son image ne cesse de grandir.